Préservation des arbres à encens

Les arbres du genre Boswellia, dont les populations sont concentrées autour de la mer Rouge, assurent la production d'encens mondiale. Mais ils sont en déclin constant, notamment à cause des incendies, des insectes ravageurs et du pâturage. 90 % de ces arbres pourraient disparaître d’ici 50 ans

Selon une étude, dans le Journal of Applied Ecology 5 (revue britannique scientifique traitant des aspects appliqués de l'écologie). La production pourrait baisser de moitié d'ici quinze ans, d’après les chercheurs . Cette étude à été réalisée sur les arbres d'Éthiopie, cependant les chercheurs s'accordent sur le fait que la menace pèse aussi sur les arbres de la péninsule arabique. Le boswellia sacra, l'arbre d'Oman, figure sur la liste rouge de l'IUCN 6 ( International Union for Conservation of Nature and Natural Resources) l'IUCN

Le projet de recherche et de conservation de l'encens de l'ESOLe projet de recherche et de conservation de l'encens de l'ESO

Projet de recherche et de conservation de l'encens de l'ESO

Lors ma deuxième visite au Sultanat d'Oman, avec l'aide d'un ami guide, Alawi 7, j'ai eu l'opportunité de rencontrer le Dr. Mohsin Al Amri, titulaire d'un doctorat en sciences de la biologie, de l'écologie et des sciences du sol. Il était aussi membre de la Société de l’Environnement d’Oman (ESO) 8- 9 et responsable du projet de recherche sur les arbres à encens. Ce projet a été lancé en 2010 par l'ESO, afin de promouvoir la récolte durable d’arbres à encens dans le Dhofar.

N'étant ni écrivain, ni journaliste, il n'était pas évident, pour le passionné que je suis d'avoir une interview avec lui. Le fait que le Dr. Mohsin Al Amri, avait déjà donné plusieurs interviews à des chaines télévisées et à d'autres personnes 10 , (dont l'objectif de recherches était sûrement plus élaboré que le mien), j’étais dans l’expectative d'une réponse positive. Après plusieurs modifications de dates, je l'ai rencontré à Salalah en toute simplicité, et je l'en remercie. J'ai découvert une personne passionnée par la préservation de la culture de l'encens. Il disait dans « l'Oman Daily Observer » du 12 Juin 2012 :

"Conserver l'encens, c'est comme préserver l'héritage d'Oman, dont je suis très fier...."

Ce projet de recherche à long terme vise à déterminer la bonne fréquence de coupe pour obtenir un bon rendement sans nuire aux arbres. De plus, en surveillant les conditions météorologiques données à trois endroits différents, le projet vise à établir une base de référence. Elle pourra être utilisée pour surveiller les impacts liés au changement climatique et les effets sur la croissance des arbres à encens. Un objectif indirect du projet est également d’essayer d'encourager les anciens producteurs d'encens qui délaissent ce métier, parfois éprouvant, à s’installer dans les grandes villes, à croire dans la viabilité de cette culture et à cultiver à nouveau des arbres à encens. Le but étant que, cette fois, les récoltes soient à des niveaux durables.

Le projet de recherche, "Exploitation durable des arbres à encens", se concentre sur quatre sites expérimentaux et surveille 180 arbres à encens dans le Dhofar afin de déterminer la fréquence appropriée d'exploitation pour obtenir un rendement durable sans nuire aux arbres. 11

Le Dr Mohsin Musallam al Amri, a mis l’accent sur l'image de marque de l’encens omanais pour préserver son authenticité. Dans un entretien avec le « Daily oman Observer » en Décembre 2016, le Dr Mohsin exprimait sa joie devant les discussions sur l'encens qu’il y avait eu autour de ce sujet, et les recherches menées par divers spécialistes. Il a réitéré son souhaite de "Certificat d'origine"12 de l'encens omanais pour qu'il se vende comme un produit unique d'Oman sur le marché international.


Ethiopie : Le Projet Boswellia

Projet Boswellia

« ...confirmé par de récentes recherches scientifiques (« Limitations to sustainable frankincense production (...) », Journal of Applied Ecology, 2011), concernant l’état des forêts de Boswellia dans la région du Tigray en Ethiopie, il y avait nécessité de sauver une ressource naturelle en voie de disparition. C'est ainsi que le Projet Boswellia est né en 2012 13 :

«...de l'importance économique et écologique de l'arbre Boswellia pour les communautés rurales chrétiennes présentes dans la région aride du Tigray au Nord de l'Éthiopie »; Selon le responsable du projet.

Le projet propose un modèle inédit de commerce solidaire et de préservation forestière de l’arbre – Boswellia papyrifera – plante endémique de la pointe de l’Afrique.

Il veut aussi garantir aux producteurs 14 de la région du Tigray des revenus et des conditions de travail justes. Le volet de préservation forestière du projet est assuré par la collaboration de chercheurs en Ethnobotanique et Pharmacologie d'universités de France et d'Éthiopie.

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